sont dans la forêt en ce moment, mais je pense qu’ils ne l’ont pas vue ! Je l’ai recueillie dans ma cuisine. Je… Je crois que c’est la fille du révérend… La petite qui travaille au Clark’s… Je crois que c’est elle… — Quelle est votre adresse ? — Deborah Cooper, Side Creek Lane à Aurora. Je vous ai appelés avant ! La fille est là, vous comprenez ? Elle a le visage en sang ! Venez vite ! — Ne bougez pas, Madame. J’envoie des renforts immédiatement. Les deux policiers inspectaient les traces de sang lorsqu’ils entendirent la déflagration retentir depuis la maison. Sans perdre une seconde, ils rebroussèrent chemin en courant, l’arme à la main. Au même moment, l’opérateur de la centrale de la police, ne parvenant à joindre ni l’agent Travis Dawn ni le Chef Pratt sur leur radio de bord et jugeant la situation préoccupante, décida de déclencher une alerte générale auprès du bureau du shérif et de la police d’État, et d’envoyer les unités disponibles à Side Creek Lane. * 19 heures 45 L’officier Dawn et le Chef Pratt arrivèrent à la maison, hors d’haleine. Ils entrèrent dans la maison par la porte de derrière qui donnait sur la cuisine, où ils trouvèrent Deborah Cooper morte, gisant sur le carrelage, baignant dans son sang, un impact de balle au niveau du cœur. Après une rapide fouille du rez-de-chaussée qui s’avéra infructueuse, le Chef Pratt se précipita à sa voiture pour prévenir la centrale et demander des renforts. La retranscription de sa discussion avec l’opérateur de la centrale est lasuivante : — Ici le Chef Pratt, police d’Aurora. Demande urgente de renforts à Side Creek Lane, au croisement de la route 1. Nous avons une femme tuée par balle et vraisemblablement une gamine dans la nature. — Chef Pratt, nous avons déjà reçu un appel de détresse d’une Madame Deborah Cooper, à Side Creek Lane, il y a sept minutes, nous informant qu’une jeune fille avait trouvé refuge chez elle. Les deux affaires sont-elles liées ? — Quoi ? C’est Deborah Cooper qui est morte. Et il n’y a plus personne dans la maison. Envoyez toute la cavalerie disponible ! Il est en train de se passer un sacré merdier ici ! — Des unités sont en route, Chef. Je vous en envoie d’autres. Avant même la fin de la communication, Pratt entendit une sirène : les renforts arrivaient déjà. Il eut à peine le temps de prévenir Travis de la situation, lui demandant notamment de refouiller la maison, que la radio se mit à crépiter soudain : une poursuite venait de s’engager sur la route 1, à quelques centaines de mètres de là, entre une voiture du bureau du shérif et un véhicule suspect, repéré aux abords de la forêt. L’adjoint du shérif Paul Summond, premier parmi les renforts en route à arriver, venait de croiser par hasard une Chevrolet Monte Carlo noire aux plaques illisibles, qui sortait du sous-bois et s’enfuyait à toute allure malgré ses injonctions. Elle partait en direction du nord. Le Chef Pratt sauta dans sa voiture et partit prêter main forte à Summond. Il s’engagea sur un chemin forestier parallèle à la route 1 dans le but de couper plus haut la route au fuyard : il déboula sur la route principale trois miles après Side Creek Lane et manqua de peu d’intercepter la Chevrolet noire. Les voitures étaient lancées à des vitesses folles. La Chevrolet poursuivait sa course sur la route 1, direction nord. Le Chef Pratt lança un appel radio à toutes les unités disponibles pour dresser des barrages, et demander l’envoi d’un hélicoptère. Bientôt, la Chevrolet, après un virage spectaculaire, s’engagea sur une route secondaire, puis sur une autre. Elle roulait à tombeau ouvert, les véhicules de police avaient de la peine à la suivre. Sur sa radio de bord, Pratt hurlait qu’ils étaient en train de la perdre. La poursuite continua sur des routes étroites : le conducteur semblait savoir exactement où il allait, parvenant à distancer peu à peu les policiers. Arrivée à une intersection, la Chevrolet manqua de percuter un véhicule venant en sens inverse, qui s’immobilisa au milieu de la chaussée. Pratt parvint à contourner l’obstacle en passant par la bande herbeuse, mais Summond, qui arrivait juste derrière lui, ne put éviter la collision, heureusement sans gravité. Pratt, désormais seul derrière la Chevrolet, guida les renforts du mieux qu’il put. Il perdit un instant le contact visuel avec la voiture mais la repéra ensuite sur la route de Montburry, avant de se faire distancer définitivement. C’est lorsqu’il croisa des patrouilles qui arrivaient en sens inverse, qu’il comprit que le véhicule suspect leur avait échappé. Il demanda immédiatement le bouclage de toutes les routes, la fouille générale de toute la région et l’envoi de la police d’État. À Side Creek Lane, Travis Dawn était catégorique : il n’y avait pas la moindre trace de la jeune fille en robe rouge, ni dans la maison, ni dans les abords immédiats. * 20 heures Le révérend David Kellergan, paniqué, composa le numéro d’urgence de la police pour indiquer que sa fille, Nola, quinze ans, avait disparu. C’est un adjoint du shérif du comté venu en renfort qui arriva le premier au 245 Terrace Avenue, aussitôt suivi par Travis Dawn. À vingt heures quinze, le Chef Pratt arriva à son tour sur place. La conversation entre Deborah Cooper et l’opérateur de la centrale de police ne laissait aucun doute possible : c’était Nola Kellergan qui avait été vue à Side Creek Lane. À vingt heures vingt-cinq, le Chef Pratt envoya un nouveau message d’alerte générale confirmant la disparition de Nola Kellergan, quinze ans, localisée pour la dernière fois une heure plus tôt à Side Creek Lane. Il demanda l’émission d’un avis de recherche pour une jeune fille, blanche, 5,2 pieds de haut, cent livres, cheveux longs blonds, yeux verts, vêtue d’une robe rouge, portant un collier en or avec le prénom NOLA inscrit dessus. Des renforts de